17 avril 2009

Les calades

Je reviens sur cette particularité locale évoquée dans l'article précédent.
De Calada : pavé en provençal. Pavage en galets du Rhône, utilisé à partir du XIIIème siècle pour remplacer le dallage hérité de l'antiquité romaine.
La rue de la Calade, aujourd'hui Joseph Vernet, devrait son nom au fait qu'elle serait l'une des premières ainsi pavées . Il reste la rue de la Petite Calade, étroite, mais très empruntée par les voitures, faute de « pénétrantes » dans le cœur de la cité : piétons c'est à vous de faire attention (surprise par un véhicule, j'ai glissé à l'angle de cette rue et suis tombée pitoyablement sans que cela émeuve qui que ce soit, mes genoux en portent encore la marque).
Mais le nom ne fait pas la calade, car inconfortables tant pour les piétons que pour les véhicules à cause des irrégularités des pierres, elles ont le plus souvent été macadamisées. Sauf dans certains lieux, comme ici place Saint Pierre et dans les rues adjacentes (Ciseaux d'Or, Taulignan, Place des Chataignes). L'usure fait, dans d'autres rues, partir le revêtement et les pierres ressortent par plaques ( rue de Pontmartin par exemple).
Les anciens Hôtels particuliers cachent souvent de belles calades, ainsi l'actuel musée Calvet ou celui de Blanchetti cité précédemment : photographiée par les Monuments Historiques, merci à "Avignon"
Belles et pittoresques les calades colorées ne sont pas tendres pour les chevilles et les pieds, je ne parle même pas de la danse des roues sur leurs creux et bosses.

12 commentaires:

Lou Ravi a dit…

Bonne idée que de parler des calades. Presque toutes les rues d'Avignon étaient caladées. Je n'ai pas connu cette époque mais la ville devait avoir fière allure à être ainsi joliment cailloutée. Les calades actuelles sont souvent mal établies, peu entretenues d'où des problèmes de planéité...Si vous ne ne le connaissez je vous recommande le très beau livre de Rena (René) Sette "Calades" (Ed le Bec en l'air). R. Sette est caladeur mais aussi chanteur occitan.Le bouquin doit être à Ceccano. On y apprend la légende du pavage du chemin de Compostelle et l'origine du mot calade (qui ne vient pas de caler). Il est question de piétonniser la rue Petite calade, non ?

PS: l'hôtel Blanchetti. Il n'est pas près ,hélas d'être rénové. Il a été squatté, pillé et vandalisé. Même les lambris auraient servi à faire du feu. Un promoteur aurait entrepris de le vendre par lots, avant de partir avec la caisse. Il serait au Brésil !

fardoise a dit…

Je connaissais René Sette chanteur, mais non écrivain, merci pour l'information. Pour l'hôtel de Blanchetti je me doutais que la rénovation n'était pas vraiment d'actualité, mais savoir qu'il a été vendalisé en plus... La façade parle d'elle même avec son état lamentable.

Avignon a dit…

Pour le confort piétonnier de la calade il faut de très très bons artisans... Un métier doit renaître.
La calade est hygiénique, car les saletés lavées par la pluie s'infiltrent entre les galets, ce qui n'est pas le cas du macadam où s'incrustent les merdes.
Et puis esthétiquement, on a rien trouvé de mieux. Les revêtements des zones piétonnes deviennent sales et sont glissants.
On trouve Trois hypothèses sur l'origine du mot :
- L’occitan calar = descendre,
- Le gauloise cal = pierre,
- Le latin callis = sentier.
J'ai même lu "calade" : chemin pavé en pente vers le port pour transporter les marchandises en "cale" ! La totale !

Avignon a dit…

J'imagine que pour savoir la vérité, il faudrait être très "calé" !

Avignon a dit…

Mais si la calade est tellement inconfortable pour les pieds, peut-être se nomme-t-elle ainsi parce que l'on y attrape des cals !

Avignon a dit…

Et si l'on y tombe sur les fesse, y attrape-t-on un... calcul ?

Avignon a dit…

Bon, j'arrête.

fardoise a dit…

Calade, dans le sens de rue en pente, est en effet une autre utilisation du mot. Ici, il s'agit bien de la pierre. Cela dit, sans être particulièrement "calée" sur la question !

testard84 a dit…

Les habitants de Villefranche sur Saône sont nommés les "caladois". Y aurait-il un rapport ?

Avignon a dit…

Il y a un rapport ! J'ai trouvé ça sur le site de l'Office de tourisme de Villefranche :

« Ce n’est "que" vers le milieu du XIIe siècle que le seigneur de Beaujeu Humbert III décide de créer une ville à proximité d’un croisement entre une route Nord-Sud et une route Est-Ouest.
(...)
Les habitants s’appelleront les "Caladois", du nom du lieu-dit "Calade", pouvant désigner les dalles de pierre situées au niveau actuel du parvis de l’Église Notre-Dame des Marais. »

fardoise a dit…

Intéressant !

brigetoun a dit…

manque une des plus redoutables (mais indispensable aux yeux et à l'âme du quartier) celle de la rue des Teinturiers