10 décembre 2013

La chapelle du Miracle

Le samedi 7 décembre 2013, l'association  Bec et Griffes organisait la visite de la chapelle du Miracle, fermée au public en dehors des expositions et autres évènements qui s'y tiennent de temps en temps.

La voûte.

La chapelle a été érigée au XIVe siècle, sous le pontificat de Jean XXII, à la suite du "Miracle": un jeune homme est sauvé du bucher pour avoir prié la Vierge de l'oratoire qui se dressait sur le lieu des exécutions.

Illustration du "miracle" : la Vierge apparait au sodomite.
Miniature illustrant un poème de Jocobus Gaetanus de Stefaneschi  -
 de la main de Simone Martini (?) B.N.

La chapelle est située sur l'ancien lit du Rhône, à l'époque romaine, et le sol d'origine était sans doute 2 mètres plus bas, comme en atteste le sommet d'une porte au ras du sol :

La construction est  soignée, et l'alternance des pierres de Barbentane - grise - et de Fontvieille plus claire, apporte du rythme :


Il reste par endroits des traces de polychromie :


La plupart des culots décorés ont été volés,  on peut remarquer en premier plan l'une des bases décorées qui demeurent. 
Toutes les clés de voûtes étaient ornées de blasons, dont celui de Jean XXII. L'un des mieux conservés :

L'état actuel de la chapelle est du à son devenir après la Révolution, reconvertie en bâtiment civil elle fut utilisée par plusieurs artisans et avant sa rénovation elle était occupée par une fabrique de ponts,


On peut voir le matériel entreposé sur cette photo de Michel Bourgue.

Mais des transformations ont aussi été apportées lorsqu'elle devint couvent, des Repenties, au XIVe puis, des Minimes, au XVIIe. Certaines chapelles latérales, au départ peu profondes, ont été remaniées,
L'ouverture en arc brisé s'ouvre dans une autre plus large en plein cintre.
Sur le mur du fond on peut voir les traces laissées par les utilisateurs successifs.
La chapelle fut un lieu de sépulture recherché, la plus célèbre a été transférée au Musée Calvet. C'était aussi un lieu où l'on venait se recueillir, ainsi Richelieu lorsqu'il résidait à Avignon, y venait souvent.



A côté de la chapelle s'élevaient des bâtiments conventuels imposants. Il en reste des témoignages dans les environs, 


arcatures du cloître dans un jardin voisin

 Toutes les informations nous ont été généreusement fournies par notre guide, Frédéric Challiol. J'en ai retranscrit un petit nombre dans cet article, qui se veut, l'optique de mon blog oblige, plus un état des lieux de la chapelle telle que nous pouvons la voir aujourd'hui.

7 commentaires:

brigitte celerier a dit…

merci pour cet historique d'un endroit que j'aime beaucoup - j'aurais aimé écouter le guide

Françoise Dumon a dit…

J'ai eu beau prendre des notes, je n'ai pas retenu tous les détails donnés par les érudits présents à cette visite.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Je voulais venir, mais, très occupé, je n'ai pas vu passer l'heure !
On verra également sur les remparts (du XIVe siècle), les arcs d'anciennes portes qui indiquent que le niveau du sol devait être beaucoup plus bas.

Bourgue Michel a dit…

Trois fois que je la visite et en lisant votre article j'apprends encore.... Merci

jeandler a dit…

Triste, triste comme les bâtiments abandonnés et spoliés vieillissent...

Françoise Dumon a dit…

Et encore, j'ai oublié beaucoup de choses. Les remparts aussi ont été en partie enterrés, ils ont du y perdre beaucoup de leur superbe.

Tilia a dit…

Merci, Françoise, pour cet excellent reportage. Les traces de l'existence d'un cloître sont stupéfiantes ! Concernant les anciennes affectations de la chapelle, plutôt qu'une fabrique de ponts (?) je pense qu'il s'agit des Pompes Grillot dont parle Webiane dans cette page.

Comme Michel, j'ai noté le rehaussement considérable du niveau du sol. D'après sa photo de la tour des remparts au droit de la rue Sureau (voir son lien), il semblerait que le sol de toute une partie de la ville entre les portes St Lazare et St Roch (si ce n'est tout l'intramuros) était un étage plus bas que le niveau actuel.

Un indice allant dans ce sens m'a été fourni lorsque j'ai rencontré les nouveaux propriétaires de la maison où j'ai grandi. Ils m'ont dit que lors de la réfection des fondations de la maison (3 passage de l'Oratoire) des portes ont été découvertes dans le sous-sol.