8 octobre 2011

Des niches d'angle.

Suite de la discussion à propos des niches pratiquées en entaille dans un angle de mur,  commencée dans les commentaires de l'article "double protection 5".
J'avais émis un doute sur la présence de sculptures dans des simples échancrures quelquefois très étroites, doute partagé. Et cependant certaines de ces entailles ont contenu ou contiennent des sculptures à nouveau, ainsi  place des Corps Saints, où le programme des "oubliées d'Avignon" a permis au sculpteur Frédéric Dehoux" de placer dans l'encoignure un Bénézet dans sa barque.
Autre exemple d'une sculpture contemporaine (enfin récente), rue Sainte Catherine,


Un socle a été ajouté et on peut remarquer la coquille qui décore le sommet de la niche. Il me semble que la présence de la coquille puisse être un signe que nous sommes en présence d'une niche sculptée. 
Pour celles qui ne présentent ni ajout en saillie (socle, dais sculpté), ni décor, j'ai des doutes très sérieux, encore que celles de la rue des Griffons et du 31 rue Guillaume Puy, qui furent occupées, semblent prouver que tout est possible. Celles pour lesquelles j'ai un sérieux doute sont :  
12, rue Bouquerie, rue Carreterie-rue Baraillerie, 4, rue Petite Saunerie, 41 rue Joseph Vernet. 
Mais cela concerne aussi des niches pratiquées dans l'épaisseur du mur, par exemple celle du 4 rue Campane, ou du 8 rue Dorée, et d'autres encore, dont rien ne vient prouver que ce ne soient pas des niches purement décoratives comme celles des monuments baroques, tels l'ancienne chapelle des jésuites, à présent musée lapidaire.

7 commentaires:

brigetoun a dit…

j'aime le sérieux de ta quête, et ne peux que partager tes doutes

fardoise a dit…

Merci Brigitte. J'avais décidé que j'avais terminé cet inventaire des niches, mais la possibilité de les photographier dans de meilleures condition a en décidé autrement.

jeandler a dit…

Il n'en reste plus, toutes dénichées ?
Un bel recensement qui fera date.

Tilia a dit…

Pour revenir sur la niche de l'angle de la rue de la Bourse avec la place des Corps-Saints, il me semble que cet immeuble n'est pas bien vieux, la niche ne serait donc pas très ancienne... Serait-ce pour préserver cette habitation du commerce charnel qui se pratiquait traditionnellement dans cette rue qu'une statue y avait été placée ?

Par ailleurs, en tentant de découvrir ce qu'il pouvait y avoir dans cette niche avant le récent St Bénezet, j'ai découvert aux Archives Municipales une carte postale qui atteste que la niche du 19 place des Corps-Saints (où il ne reste aujourd'hui plus la place de poser une statue digne de ce nom) était alors bel et bien ornée non seulement d'une statue, mais aussi d'un auvent, aujourd'hui tous deux disparus...

fardoise a dit…

Il en manque une ou deux à mon inventaire, dont certaines que l'on ne peut pas voir de la rue, mais que Michel a référencées.
Merci Tilia pour cette découverte, Cette grande niche aujourd'hui murée a donc bien contenu une sculpture. pour ce qui est de la date de l'immeuble rue de la Bourse, je n'en dirai rien, faute de renseignements.

Jeanmi a dit…

Ces niches remontent à l'antiquité latine où les croisement étaient placés sous la protection d'un dieu. Statues vites remplacées par un saint avec les catholiques. Cette tradition était issue des Celtes qui pensaient qu'à chaque croisement de route et à chaque source, il y avait un dieu qui y résidait. Les calvaires de nos campagnes sont les substituts chrétiens de ces petits temples païens.. Nos racines sont aussi celles-là...

fardoise a dit…

Merci beaucoup pour ce très intéressant commentaire. Je savais que beaucoup de lieux de culte chrétiens s'étaient installés sur d'anciens lieux celtes, notamment les églises consacrées à la Vierge. Les Gaulois avaient le sens des lieux significatifs et pratiquaient le culte des ancêtres tout autant que celui de leurs divinités. C'est bien pour cela que je trouve intéressante la conjonction dans des angles de rues entre des poutres sculptées, plus proches de la tradition celte (les bêtes liées au culte des ancêtres, de la fertilité... comme la Tarasque de Noves) et des niches sculptées. Si beaucoup de niches ont disparu, que dire des poutres souvent tronquées et dont il reste très peu d'exemples, mais plus qu'on ne pense.
C'est certain que nous avons oublié cette partie de nos racines en voulant bien croire que tout nous vient des Grecs et des Romains.